Acceuil / Actualités / 2016, une année record pour l’Agence Française de Développement (AFD)

2016, une année record pour l’Agence Française de Développement (AFD)

2016 a tenu ses promesses : 9,4 milliards d’euros d’engagement – un record -, 657 projets et une alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts. 2016 aura été une année charnière.

Des priorités réaffirmées – climat, Afrique, genre – et de nouveaux chantiers d’avenir – numérique, social business, migrations – sont là pour le rappeler : plus que jamais, l’AFD a un rôle majeur à jouer pour soutenir l’émergence d’un monde en commun.
L’interview de Rémy Rioux, directeur général de l’AFD.

Après une année 2015 particulièrement riche (Addis-Abeba, ODD, COP21), 2016 a été la première année de la mise en œuvre du nouvel agenda mondial pour le développement. L’AFD a-t-elle atteint ses objectifs ?

Depuis 2015, la France a renouvelé son engagement pour le développement. 2015 a été une année fondatrice, au cours de laquelle la communauté internationale a fait le plein d’engagements multilatéraux. Ce signal international – celui des ODD et celui de la COP21 – a été entendu par les acteurs du développement mais aussi par les Français, de plus en plus conscients que les enjeux du monde nous concernent tous. Le terreau est favorable pour relancer notre politique de développement.

L’AFD a connu plusieurs temps forts en 2016 : le CICID du 30 novembre ; l’anniversaire de ses 75 ans ; notre alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts et Consignations ; notre recapitalisation ; et un engagement record de 9,4 milliards d’euros, soit une augmentation de 13 % en un an. Avec l’objectif d’atteindre 13 milliards d’euros par an en 2020, l’AFD suit une trajectoire dynamique et ambitieuse pour accompagner les grandes transitions dans les pays en développement et les Outre-mer français.

Des résultats et une nouvelle stratégie qui confirment notre montée en puissance. Plus que jamais, l’AFD cherche à jouer un rôle utile pour soutenir l’émergence d’un monde en commun. Et l’année 2017 commence très bien !

Quelles priorités ont marqué l’année 2016 ?
Les priorités de notre engagement sont l’Afrique, le climat et le genre.

L’Afrique est depuis toujours la grande affaire, la priorité de l’AFD, qui dispose d’une connaissance très ancienne, très profonde des réalités africaines.

Le destin de l’Europe et celui de l’Afrique sont liés de façon évidente, immédiate. En développant une nouvelle vision, que nous avons baptisée « Tout Afrique » : et si l’on cessait de couper l’Afrique en deux, entre Afrique du nord et Afrique subsaharienne, que verrions-nous ? Il est temps de voir l’Afrique comme un tout, comme la voient les Africains eux-mêmes, en prenant en compte les multiples dynamiques à l’oeuvre.

Avec 4 milliards d’engagements en 2016, l’Afrique représente 50 % de nos activités dans les pays étrangers. Cette dynamique est appelée à se poursuivre : sur les cinq prochaines années, ce sont 23 milliards d’euros qui devraient être engagés par l’AFD sur le continent. Avec des projets phares comme la centrale solaire Zagtouli au Burkina Faso, la plus grande d’Afrique de l’Ouest – beaucoup plus que toutes les centrales solaires françaises !

50 % de nos financements ont également un effet bénéfique pour la lutte contre le changement climatique, et la moitié de nos financements contribue également à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Nous venons ainsi de signer une ligne de crédit avec la banque de développement turque TSKB pour soutenir l’entrepreneuriat féminin. En Inde, nous avons financé une ligne de métro à Kochi avec une condition : uniquement des conductrices ! Notre engagement pour les femmes est non seulement une exigence morale mais aussi un gage d’efficacité : lorsque les femmes sont impliquées dans la mise en œuvre des projets ou dans la conception des politiques, l’impact de développement mesuré est nettement supérieur.

À l’aube d’un nouveau mandat présidentiel, quelles nouvelles orientations pour l’Agence ?
L’Agence devient plus grande et plus forte. Notre activité va augmenter d’ici 2020 pour atteindre 12,7 milliards d’euros. Une croissance qui implique davantage de partenariats pour financer plus de projets et enrichir leur contenu.

Nous voulons également donner une plus grande capacité d’innovation à notre Agence, qu’il s’agisse de ses instruments financiers comme de ses secteurs d’intervention. L’AFD va explorer des thématiques nouvelles comme la gouvernance, les industries culturelles et créatives, l’enseignement supérieur et la recherche, le numérique, l’économie sociale et solidaire ou encore l’action extérieure des collectivités locales. Sans oublier l’éducation au développement et à la solidarité internationale à laquelle nous allons contribuer car le développement est l’affaire de tous.

Cette volonté d’innovation passe aussi par de nouvelles zones d’intervention : déjà active dans plus de cent pays, l’Agence vient d’ouvrir des bureaux à Cuba et en Argentine et prospecte dans les Balkans.
L’AFD est un instrument très dynamique qui n’en finit pas de grandir.
Le nouveau contexte politique qui se présage est-il de bon augure pour les ambitions de l’AFD ?
Pour la première fois, le développement a eu une vraie place dans les débats des élections présidentielles et je m’en réjouis. Dans son discours d’investiture, notre nouveau président de la République Emmanuel Macron a fait de l’action internationale de la France un élément essentiel de son programme. « Nous sommes tous voisins », a affirmé le Président.

J’ai également eu l’honneur de l’accompagner dans son premier déplacement international, à Gao au Mali, aux côtés du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, de la ministre des Armées Sylvie Goulard, et du chef d’État-major des armées, le général Pierre de Villiers. À l’occasion de ce déplacement, le président de la République a déclaré : « Je conduirai résolument une action de développement de la région (…) dans une Alliance pour le Sahel.

Je veux que ces routes du terrorisme, de la guerre, de la nécessité deviennent des routes de la liberté. »

A propos Thierry Barbaut - Stratégie numérique - Expert Afrique

Thierry Barbaut - Stratégie numérique - Expert Afrique

Développement stratégie numérique – Expert Afrique – Ecosystème NTIC.
– Consultant et rédacteur www.info-afrique.com
– www.financeafrique.com & www.afriquetechnologie.com